Couleur et cartographie

La carte me renvoie au rêve, elle me raconte un voyage, le lointain. Ce voyage et ce lointain m’invitent dans la couleur d’un espace et d’un paysage. Et ce n’est pas n’importe quelle carte qui m’invite vers ce voyage. Non, pas n’importe quelle carte, car les cartes existent sous différentes formes pour représenter différentes thématiques: cartes et imaginaires, représentation de la réalité, cartes artistiques, routières, cartes météo qui se décline en une pléthore d’informations…. Moi la carte qui me fait rêver à des multitudes, c’est la carte marine.

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Pourquoi la carte marine m’attire t-elle autant ? Parce qu’elle renvoie à la mer, à cet univers qui me fascine et je navigue en interface avec la mer et le vent, où j’utilise ces fluides pour avancer et faire avancer mon voilier.

Dans la carte marine, le bleu raconte les profondeurs de la mer, le blanc ses eaux profondes, le vert parle des étales, ces lieux qui découvrent lorsque la mer descend avec le système des marée. Le marron annonce les terres, le rose sert à indiquer le système du rail des cargos, le noir révèle les latitudes, les longitudes, les pictogrammes et les toponymes qui me font voyager au cœurs de noms exotiques: la fourmi, le bœuf, le moulin blanc, la Ténarde, l’Etonnard, Houmaizel, rouge de Glénan…. Men Gren et tant d’autres toponymes qui servent à distinguer des cailloux mais aussi des balises mises en places en tant que repère des roches, des épaves, des écueils…

 

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Sur les cartes marines anglaise, c’est le vert qui raconte les terres, le jaune comme le sable renvoie aux plages découvertes à marée basse. Le blanc est la couleur des eux peu profondes en bordure côtière.

 

Au XVIIIe siècle le jaune indique des roches qui découvrent, le rouge montre les écueils toujours cachés, le bleu les rochers qui couvrent et qui découvrent. Sur les portulans (les premières cartes marines) les îles sont peintes en dorées. Les taches ou les zones laissées blanches sont l’indication des lieux à spéculations, des pays à découvrir, ou bien ceux dont on connait l’existence par oui dire et que l’on souhaite vérifier pour son propre compte  ou encore des lieux que l’on veut falsifier pour tromper les concurrents et garder le monopole sur les épices et autres marchandises des Flandres à Ceylan en passant par Cipango.

Au XVIIe siècle les couleurs différencient le contours des îles et des continents. Jaune, rose, bleu et vert sont les quatre couleurs servant à la différenciation des contours des terres.

De même les couleurs sont utilisées pour différencier les points cardinaux sur les cartes en marteloire. Ces cartes sont réalisées à l’aide d’un point cardinale central qui va réaliser tous les autres grâce à ce marteloire. Ces lignes sont ce que l’on nomme les routes des vents ou les lignes de rhumbs. Chaque ligne est sensée être un rail venteux menant d’un port à l’autre.

 

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Voila la carte marine raconte le temps, la manière de penser l’espace en son temps avec ces références connues pour l’époque et elle change selon les époques. Aujourd’hui il y a des logiciels de navigations comme Max sea avec des cartes en 3D où l’on navigue dans la carte en naviguant.

La carte marine représente mon univers que je souhaite partager avec vous au fil des articles à paraître et je vous renvoie à la rubrique Sea art qui parlera de la mer en tant que moyen artistique et de la mer d’un point de vu de la navigation en naviguant entre mer et art.

Je vous conseille la lecture très intéressante de « Finis Terrae » de Gilles A Tiberghien, philosophe et enseignant à Paris I. Dans ce livre il analyse les différentes cartographies du Moyen Age à aujourd’hui, en passant par le rêve cartographique de l’artiste, en développant une réflexion autour de l’imaginaire dans la construction de la carte.

 

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