Embarquement

corsica ferries

 

Voilà j’y suis, face à ce gros bateau qui va ouvrir sa bouche pour me laisser entrer dans son ventre. C’est la première fois que je prends le ferries, habituellement je suis en voilier mais là pour une question de temps et de passager, le chien navigue avec moi, la voiture et le ferries seront les bienvenus.

 

1190 km. Je suis partie de Cherbourg avec des escales à Paris, Tournus par la force des choses…* et Marseille chez des amis avant d’arriver à Toulon sous des trombes d’eau. On va se faire brasser en mer au départ. La météo annonce un BMS. Le ciel est gris, la pluie s’invite et réduit la visibilité sous ses précipitations, le ciel couvert se voile progressivement.

carte 1

Dans la file pour Ajaccio j’attends, dessine, aquarellise, photographie le navire et les gouttes d’eau sur le parebrise. Les voitures du voyage précédent sortent et c’est à nous de monter dans l’antre. Le plafond semble très bas en montant à l’intérieur, les hommes nous guident les un derrière les autres au millimètre prés  » piu a destra »  crient -ils, afin de pouvoir attacher les voitures les unes aux autres durant le voyage pour qu’aucune ne bouge. Je sors le chien, mon duvet, ma veste de quart pour aller sur le pont et sort du ventre rempli de l’odeur des pots et des gaz d’échappement, du bruit des moteurs. Je monte les escaliers, pénètre un couloir étroit de cabines où un matelot me dirige vers la salle des fauteuils « A Sinistra sopra gli scale ».

Je me pause proche d’un hublot. 21h, la nuit tombe vite à cette latitude…

Nous sommes très peu à bord. Un gars fait les 400 pas au téléphone, la lumière est tamisée. J’erre dans la salle, contemple mon environnement, les visages sombres et graves, les familles, les baroudeurs avec leur chien. Un couple vient me voir, étonné et agréablement surpris que les chiens aient le droit de naviguer avec leur maître à bord contrairement à d’autres compagnies. Gwalarn se retrouve avec Hissez Ho, une femelle dalmatien qui lui plait bien.

Les feux s’allument, un autre ferries se prépare pour Bastia. Le bateau recule pour faire sa manœuvre accompagné du pilote. Au loin des éclats rouges et verts nous guident vers l’horizon. Dans quelques instant nous seront dans la nuit noire où seul reste visible le sillage du navire. Quelques moutons m’indiquent que la mer est agitée mais rien de méchant pour ce gros navire qui tient bien la mer. Rien ne bouge en salle, un peu sur le pont. Après un semblant de quart sous la pluie avec le chien, je rentre. Le bruit sourd des moteurs se fait entendre. Tout le monde dort allongé sur le sol. Des chiens un peu partout.

 

toulonferries

 

 

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