La couleur existe-elle ?

Dans l’article Comment classer et définir les couleurs de la nature à la palette, je vous ai livré un bref historique de la place des couleurs dans la nature et dans la société et je voudrais maintenant vous poser une question : la couleur existe-elle ? Vous me répondrez peut-être oui, on la voit dans la nature et tout autour de nous au point parfois de ne plus en tenir compte et de lui préférer le noir et le blanc. Et bien la réponse, aussi vertigineux que cela puisse être, est non. La couleur n’existe pas. Vous pouvez faire le test dans les embouteillages à Paris en passant dans un tunnel en première, parechoc contre parechoc quand ça n’avance pas du tout, autrement je vous défends de faire le test pour votre sécurité et celle des autres. Donc lorsque vous roulerez au pas vous vous rendrez compte en sortant d’un tunnel que la couleur change en fonction de l’éclairage et des longueurs d’ondes qui arrivent sur vous, d’où l’inexistence de la couleur. Dans un autre cas elle ne bougerait pas. La couleur est en effet le résultat de la réception d’une longueur d’onde sur un objet, de ce que ce dernier absorbe et émet ou éjecte et de ce que la rétine absorbe et transmet. La couleur étant le résultat de ce qui est renvoyé. Le citron est jaune parce que le fruit, par l’intermédiaire de ses pigments, absorbe toutes les longueurs d’ondes chromatiques excepté le jaune. De même pour le rouge d’une tomate, le vert de l’herbe… la diversité des couleurs est due à l’absorption d’une partie de la lumière et à la diffusion d’une autre. Le noir absorbe toutes les longueurs d’ondes, le blanc les rejette toutes. Selon la lumière que l’on projette sur un fruit ou un pull, la couleur ne sera pas l’original. Souvent l’on fait la remarque « tiens, ton pull est de cette couleur, je le croyais d’une autre ».

Dans le discours philosophique la couleur s’oppose aux autres sens, l’odorat, le goût, le toucher, l’ouïe, parce que ces sens impliquent une durée et une démarche corporelle notamment pour le goût (porter à sa bouche), le toucher (déplacer sa main pour sentir tactilement). De plus, ces sens vont avoir une durée. Au premier abord la couleur peut paraître stable dans le temps en opposition au goût qui dure le temps d’avaler, l’odeur le temps de sentir, le son le temps du disque, la vibration d’une corde de guitare, de pipa ou de piano. La couleur dépend de notre décision, du temps que l’on décide d’accorder à regarder. On peut effectivement dire je regarde dix minutes ou deux et la couleur ne bougera pas. C’est vrai pour un tableau. Mais la couleur n’est pas la même en fonction des saisons, son intensité n’est pas la même en fonction de la lumière et de la journée. Il suffit de regarder les toiles de Monet pour s’en convaincre. Et puis dans le test de l’existence de la couleur on peut voir que la couleur change et n’est pas stable dans une courte période de temps selon les rayons ultra-violets.  La couleur est une perception et une sensation.

Démocrite, déjà, disait de la couleur qu’elle n’existe pas. Pour lui la couleur dépend de l’agencement des figures, du rythme donné. Ses quatre couleurs fondamentales sont le blanc, le noir, le rouge et le jaune. Une symbolique, notamment les trois premières, que l’on retrouve dans les contes comme le petit chaperon rouge, le loup noir, le fromage blanc, ou encore Blanche neige, la pomme rouge et la sorcière noire, la fable de Lafontaine le corbeau noir, le fromage blanc et le renard rouge.

Pour Aristote les couleurs viennent à exister par le mélange du blanc et du noir.

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