Communiquez avec les couleurs

Y a-t-il une langue des couleurs et qu’est-ce que cela sous-entend ? Notre œil peut distinguer 300 000 couleurs. Il faut distinguer la teinte, la clarté et la saturation. La teinte distingue les sensations et correspond à une longueur d’onde comme les couleurs saturées. La clarté correspond à la lumière. Si deux couleurs sont côte à côte, l’on perçoit le résultat d’un mélange. Si vous placez du jaune à côté du bleu, vous allez percevoir du vert ; si vous juxtaposez du jaune à côté du rouge pour aller avoir la sensation de l’orange. Vous ne verrez ni orange, ni vert apparaître mais la sensation de l’une ou de l’autre de ces deux couleurs due à la lumière sur la rétine. C’est pour cette raison que les peintres du mouvement pointilliste posent des couleurs côte à côte afin de donner l’illusion d’un mélange.

Il y a ici des couleurs qui se combinent soit par mélange, soit par juxtaposition. Existe-t-il des couleurs qui ne peuvent se combiner ?

Si je place un jaune à coté d’un bleu, je peux avoir la sensation d’un vert, mais il apparait également l’idée d’un contraste tranchant. En effet, ces deux couleurs n’étant pas complémentaires l’une de l’autre, il se crée pour l’œil un contraste illogique nous disant que ces deux couleurs ne se combinent pas. Ce contraste tranchant du jaune et du bleu était fortement utilisé pour les pavillons de communication entre navires dans la marine qu’elle soit française ou autre. En effet ces couleurs tranchantes permettaient d’être bien distinguées de loin afin de transmettre un message codé aux autres navires. Chaque pays avait son propre code et chaque navire possédait, avec le temps, son dictionnaire pour traduire le langage coloré établi par pays. A force d’incidents techniques, le code fut universalisé via un code composé de 26 pavillons de deux et parfois trois couleurs correspondant aux 26 lettres de l’alphabet. A chaque lettre correspond un nom associé à un message. Il suffit alors de nommer des noms ou des combinaisons de lettres pour transmettre un message compris de tous.

Evidemment la juxtaposition de deux couleurs ne suffit pas. On lui ajoute alors une composition géométrique. Ainsi l’association jaune et bleu peut vouloir transmettre plusieurs messages à conditions que leurs mises en formes soient distinctes.

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D – Delta
« Ne me gênez pas, je manœuvre avec difficultés »

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G – Golf
« J’ai besoin d’un pilote » ou « Je relève mes filets » (si hissé par bateau de pêche)

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K – Kilo
« Je désire entrer en communication » ou « Je vous invite à transmettre »

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O – Oscar
« Un homme à la mer »

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R – Romeo
« Message reçu » ou « Signal de procédure »

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Y – Yankee
« Mon ancre chasse »

Avant ce code alphabétique coloré universel, il existait le code numérique que l’on appelait le « code flottant ». L’on attribuait un chiffre à chaque association de couleur et c’est leur combinaison qui traduisait une phrase. Ces nombres étaient répertoriés en groupes pairs et impairs.

Par exemple :
… 12860 signifiait d’où venez vous
… 11810 voulait dire  à moins que
… 652 le vent adonne

Mais la signification dépendait aussi du mât sur lequel étaient hissés les pavillons et à la hauteur de ces derniers, mâts de misaine,  grand mât, mât d’artimon, mât de hune, mât de perroquet…

Ce code à d’abord était unifié par les Anglais en 1855, par le biais d’un code alphabétique en recomposant des codes avec des lettres un peu comme les caractéristiques de l’ADN. il s’agissait alors de combinaisons tels BBC, BCB, CCB, etc. etc. permettant 78000 combinaisons.

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