
A la base, je devais naviguer en Mai de Douarnenez à Lorient. Mais la météo n’était vraiment pas bonne. Une grosse dépression doit venir et annonce une forte tempête. Les fichiers météo sont mauvais, de couleur rouges. Cette couleur qui annonce des tempêtes. J’hésite à quitter Cherbourg pour Douarnenez car je sens que le départ sera reporté et annulé. Arrivant sur le quai Mathieu me dit que le départ est repoussé pour laisser passer le vent. Alors Mathieu me dit de reporter pour une meilleur navigation. « On va passer par Cherbourg en juin, les conditions seront meilleures. La saison n’est pas encore commencé, il faut attendre mi mai pour de meilleurs conditions. » Oui je sais, début mai a ses tempêtes, ce n’est pas encore la meilleure période. « Mai fait ce qu’il te plaît, oui mais à a mi mai. » Pas avant.
J’avais pourtant très envie de passer le raz de Sein et de rejoindre Lorient en voilier mais je sais aussi qu’après le passage de cette tempête la mer sera houleuse surtout dans le raz. Je pense que Mathieu est resté sur mon mal de mer sur Pen Duick VI à l’entrée du Havre. Un mal de mer tout à fait normal en fait. Les marins du Vendée globe présents me disent que c’est un temps très facile. Hum, pour eux oui. J’ai déjà traversé le Golfe de Gascogne par 10m de creux durant trois jours et j’avoue ne pas trop avoir envie de me faire secouer une nouvelle fois. Il sont deux à bord Mathieu et une fille dont j’ai oublié le prénom qui a bien l’habitude. Est-ce que je me laisse Shanghaier ?
Après une longue réflexion, y aller où pas. Vouloir me prouver quoi. Que j’en suis capable, ou m’en sentir incapable. Le moral un peu bas je reporterai donc ma navigation. Des amis qui ont traversé l’Atlantique me disent « ben écoute si c’est pour être malade, moi perso je n’y serai pas allé. J’ai rien à prouver, j’attends de meilleurs conditions. » Une autre copine me dit le contraire « mais il n’y a que dans la tempête que je me sens vivante et bien ». Sur ces points de vues différents je me dit que je me suis déjà faite assez peur comme cela en brûlant les étapes. Je ne renonce pas, je reporte à la prochaine mer forte. Y aller crescendo comme dit Arnold c’est très bien.
J’attendrai le mois prochain pour naviguer à partir de Cherbourg. Continuer la lecture de Pen Duick III – De Cherbourg à Saint Quay Portrieux →