PLEINE MER BASSE MER

Pleine mer, basse mer, l’estuaire, situé dans l’embouchure de la Sienne, se vide et se rempli, la mer vient jusque dans les prés salé et disparait dans le ciel, laissant à la vue un désert de sable où les bateaux s’échouent. Regnéville sur mer, entre Coutances et Granville, face à elle le cap d’Agon Coutainville, plus au sud Montmartin, était, durant la guerre de Cent Ans, le port le plus important de la Manche. Toujours une activité marchande maritime y régna de manière intense. Notamment avec les Anglais, non loin de là et le transport des marchandises auprès des autres ports Normands et de Bretagne.

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Chaque jour je suis impressionnée par cette marée, certes le coef grimpe, nous sommes quasiment à 98, et la mer s’en va laissant imaginer que l’on pourrait rejoindre Chausey à pied. Si cela n’est qu’imaginaire l’on peut néanmoins traverser la baie, avec un guide et jamais seule, pour rejoindre la pointe d’Agon, juste en face. Chaque soir je regarde le faisceau de son phare à terre qui émet ses éclats. Petit phare mis en service en 1856. Durant l’exposition je loge au-dessus de la salle. Chaque matin est un autre paysage. La mer absente, un désert de sable, la mer haute qui s’élance à l’avant de l’estuaire. Un chenal qui se vide et se remplit, des voiliers qui flottent ou qui attendent tranquillement posé sur le sable.

Le fort courant remplit les dunes de sables, bouillonne comme trop pressé de remettre les voiliers à flots.

 

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En visitant le musée maritime et les fours à chaux j’apprends que l’absence de profondeur fait de Regnéville  un port complexe pour les tirants d’eaux ne pouvant arriver qu’aux très grandes marées. Déjà en 1322 l’on constate que pour les nefs la capacité d’entrée est délicate, voire impossible à cause des bancs de sables mouvant et du retrait lointain de la mer qui se retire.

Malgré une forte activité commerciale sous Louis XV en 1738, l’activité des bateaux décline peu à peu à partir de 1895 jusqu’à s’éteindre complétement. Pourtant des tonnes de marchandises, entre autre plus de 1500 tonnes de céréales à 12 589 tonnes de pierre à chaux, exploitée dans ses hauts fours à chaux, impressionnants par leur taille, circulent en import export sur 89 navires dont 65 en provenance d’Angleterre et 85 navires français navigant vers l’Angleterre.

En route pour Terre Neuve et la pêche à la morue.

Des îles anglaises arrivent du charbon, du cuir vert, du lin écru, du crin de cheval, des huiles, de la morue, de la mitraille de cuivre, peut-on lire dans un rapport datant du 2 décembre 1738. De Regnéville partent des toiles de lin d’étoupe, du chanvre, du coton, de la poterie, du cidre et de la mercerie. Vers la Bretagne les navires emportent de la chaux, des pierres propres à faire sur place et en rapportent des fruits secs.

 

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